L'usage de l'IA recule dans les entreprises française

PWC vient de publier des éléments étonnants : pour la 1ere fois, l'usage de l'IA recule dans les entreprises. La France est en train de cumuler les retards sur les usages de l'IA, des agents.

2025 a marqué la première année de baisse de l’utilisation des outils d’IA en entreprise depuis leur intégration massive il y a 3 ans, alors même que les usages personnels continuent d’augmenter. En France, 54% des salariés (vs 45% dans le monde) n’ont pas utilisé d’outils d’IA générative au cours de l’année. Et seuls 7% l’utilisent quotidiennement (vs 14%) et 14% hebdomadairement (vs 18%).

L’adoption de l’IA en France demeure, en effet, freinée par des inquiétudes, mais aussi par un manque de temps et de moyens consacrés à la formation. L’hexagone accuse ainsi un retard, se plaçant avant-dernier parmi les pays européens en termes d’usage.  Davantage marqués par la curiosité (84%) et l’enthousiasme (77%) face à l’IA, les managers français se montrent plus investis dans son exploration que les non-managers, dont seuls 66% et 55% respectivement partagent ces sentiments. Chez ces derniers, le regard porté sur l’IA apparaît plus hésitant : l’intérêt est présent mais il s’accompagne d’un niveau d’inquiétude (59% vs 64% chez les managers) et de perplexité (51% vs 58%) tout aussi marqué. Les collaborateurs français se montrent parmi les plus réservés quant aux bénéfices de l’IA générative au cours des 3 prochaines années. Ils sont ainsi moins nombreux qu’au niveau mondial à estimer que l’IA augmentera la qualité de leur travail (46% vs 60%), leur créativité (42% vs 55% dans le monde), ou encore la sécurité de l’emploi (26% vs 38%). Ces résultats reflètent un enthousiasme qui s’essouffle par rapport à l’an dernier.
 « La diminution des usages professionnels de l’IA est étonnante et met en évidence un déficit d’appropriation. L'IA agit comme un accélérateur, à condition de repenser collectivement la manière de collaborer, de décider et d'apprendre. Cette transformation nécessite une implication active des collaborateurs au cœur de la création de valeur, ainsi qu’une adaptation différenciée selon les métiers et les générations, dont les attentes et les usages évoluent fortement. L'IA ne peut créer de valeur durable que si elle est conçue comme un levier permettant d’augmenter le travail humain, pas pour s’y substituer. Son déploiement doit reposer sur un cadre éthique explicite, une gouvernance claire, une transparence sur les limites et les risques, et une formation aux usages responsables. La confiance constitue, à cet égard, un actif stratégique à construire dans la durée. » souligne Nicolas Bourgeois, Associé Workforce chez PwC France et Maghreb.

En réalité, ce recul de l'IA dans les entreprises s'explique aussi par le manque d'investissement, le manque d'usages réels, de formations ou encore d'impliquer des équipes et des responsables.

Au-delà c'est la question du travail et de son rôle dans l'entreprise qui est remis en cause.

Malgré un niveau élevé de satisfaction (75% vs 64% de la Gen X) et d’optimisme (58% vs 50%), les jeunes collaborateurs déclarent davantage d’émotions négatives : 64% affirment se sentir fatigués et 47% surmenés au moins une fois par semaine, contre respectivement 55% et 43% de la Génération X. Ce contraste apparent s’explique par un fort investissement, 68% souhaitant aller au-delà des attendus liés à leur poste, ce qui les expose plus intensément au stress et au risque d’épuisement. Cette dualité amène à questionner la qualité de l’accompagnement managérial et psychologique proposé par les entreprises afin de prévenir les risques psychosociaux et d’assurer un maintien en poste optimal des jeunes talents.

L'arrivée des nouvelles générations ne facile pas les choses. L'autre constat, plus inquiétant, qui émerge dans d'autres études : le manque de maîtrise la technologie par des jeunes profils même pour des usages élémentaires

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